Mercredi 20 mai 2009
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Galerie du Cloître de la Chartreuse de BOSSERVILLE. ART SUR MEURTHE (54)
Anciennement cloistre ou clouastre, le cloître désigne une cour entourée de murs et de galeries,établie à côté d'une cathédrale, d'une église, d'une abbaye,.....Dès les premiers
siècles de la Chrétienté, des cloîtres furent édifiées à proximité de ces "temples du Seigneur".
Le cloître des Cathédrales joutait l'un des flancs de la nef, soit au Nord soit au Sud (le plus généralement auSud, les galeries pouvant alors être plus chaudes) , et il était entouré des
habitations des chanoines, qui vivaient sous une règle commune. A proximité des ces cloîtres, s'édifièrent généralement des écoles. Les synodes confirmèrent l'importance de ces cloîtres des
cathédrales, qui symbolisait une barrière, afin que les clercs ne délaissent pas l'Eglise et n'aillent point habiter ailleurs. Dans la grande majorité des cas, un réfectoire et un dortoir
étaient construits autour de ces cloîtres.
Concernant les abbayes, le cloître concrétise la séparation entre le siècle (clergé séculier et monde profane) et l'abbaye, le tout en permettant de protéger des intempéries les moines lors de
leurs déplacements. Dès le début, Saint Basile et Saint Pacôme prescrivaient déjà aux moines de respecter la clôture (claustrum), à l'origine
l'enceinte à ne pas franchir. S'inspirant de la villa gallo - romaine à atrium, il était, en général, de forme carrée, et se structurait en 4 galeries autour d'un jardin central. (Les villes
se sont inspirées de ce modèle pour édifier leurs places ou leurs marchés)
Les abbayes possédaient, dans une grande partie des cas, deux cloîtres : l'un près de l'entrée occidentale de l'église, l'autre à l'Orient derrière l'abside. Le premier donnait accès au réfectoire,
dortoir, salle capitulaire....Il s'agissait du cloître, où tous pouvaient circuler. Le second était particulièrement réservé à l'abbé, aux copistes, aux dignitaires,...Plus retiré et plus petit que
le premier, il était bati près de l'infirmerie, de la bibliothèque, du cimetiere,...
A l'origine, les galeries étaient abritées sous des charpentes, reposant sur des arcades ou des piliers, puis à partir du XIIème siècle, elles furent, de plus en plus souvent, voutées.
La galerie la plus orientale, puisque les moines se rendaient au moins 8 fois par jour, à l'Eglise pour les différents offices, et qu'elle desservait les pièces de la vie communautaire, était
souvent désignée "galerie du mandatum" ( de la prière Mandatum Novum do vobis....que chantent les moines en se lavant réciproquement les pieds en
guise de charité). On la nommait aussi "galerie des Collations", puisqu'on y récitait les Colationes de Jean CASSIEN (Du reste, aux eaux jours, les moines
pratiquent, dans le cloître, la lectio divina)
Aussi peut-on parfois y observer une niche murale (armarium clausti), dans laquelle les moines rangeaient leurs livres, jusqu'à ce que ces derniers, devenus trop nombreux (chaque abbaye possédait
un atelier de copistes et d'enlumineurs) , amenaient à ce que les moines retirent leurs ouvrages et bouchent la niche.
Toujours le long de ce cloître, un lavabo (lavatorium) offrait aux moines une eau, non pas d'une rivière mais d'une source (dès que cela était possible) à l'abri de toute pollution. Image
permanente du baptême, cette eau invite le moine, qui s'en lave les mains et le visage avant son entrée au réfectoire, à méditer sur la purification de son âme et de son coeur.
Lieu de méditation, le cloître reflète la condition du moine : ses galeries fermées sur l'extérieur (le retrait du monde) s'oppose à la percée visuelle, qu'il propose en son centre (l'élévation de
l'âme demeurait le but de tout moine).
Une niche murale, ARMARIUM CLAUSTI, Abbaye du BOSCODON. Hautes
Alpes.
Par L'ASSOCIATION
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Publié dans : LES MONUMENTS
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